Wednesday, January 19, 2011

voilà, c'est commencé

Aujourd’hui je suis allée travailler avec à peu près une heure de sommeil dans le corps. C’est que j’avais un peu oublié qu’il y avait quand même un décalage horaire… Mais j’ai fait ma journée. On m’a montré l’organisation des dossiers pour que je puisse aller les chercher quand un patient arrive. J’ai aussi assisté à des consultations de Ève. Consultations qui se font moitié en dioula, langue d’ici,  moitié en français. C’est assez fascinant. Mais sur l’heure du midi, c’était plus calme, Ève faisait de la permanence auprès des personnes « hospitalisées », c’est-à-dire deux femmes arrivées de matin dans un piètre état et  couchées dans une petite pièce avec une perfusion dans le bras. Pendant ce temps-là, une douzaine de femmes attendaient 15h, soit l’heure du dépistage du cancer du col de l’utérus, et ce, en regardant la télé (comme quoi, les salles d’attente avec télé sont universelles!). J’en ai profité pour m’étendre sur un lit de consultation, avec des étriers à la place du bout du lit. J’ai steppé quand toute la gang s’est mise à crier en riant. J’ai mis la tête dans la porte et … le Burkina venait de compter contre le Congo! Youppi youppi youppi! Vive le foot!
Je me demandais quand même un peu si mes journées allaient ressembler à ça. J’aurais peut-être envie de travailler avec les enfants, et Ève me dit que je pourrais peut-être aider auprès du CREN, au Centre de réalimentation des enfants nourrissons, ou bien auprès d’orphelins, ou bien à l’hôpital, ou bien au dispensaire, ou un peu de tout ça… C’est toujours ça qui est beau/angoissant au début d’un voyage. Toutes les portes sont ouvertes, je ne sais pas de quoi sera faite ma vie encore… Ça m’est arrivé tellement souvent, plein de projets potentiels, et à la fin du voyage, je repense à tout ça et finalement, c’est bien différent. On va voir.
En cette deuxième journée au Burkina, je dois dire qu’il y a des choses que je trouve plus difficiles. Comme la poussière. Il y a de la poussière partout, partout, partout. Je respire de la poussière. On lave une surface qui sera à relaver une heure plus tard. C’est l’harmattan, le vent qui soulève la terre et rend le ciel rougeâtre de la terre plus rouge qu’à l’Ile-du-Prince-Edouard... Pas de nuage mais pas de ciel bleu.
Ah et le marchandage. On se fera toujours avoir, nous les blancs. C’en est frustrant quand tu as besoin de quelque chose et qu’il n’y a pas moyen d’acheter à un prix raisonnable. Eve dit « Allez, ça c’est un prix de toubabous! », un prix pour les étrangers plein de cash qui ne se rendent compte de rien. On n’est pas Africain, c’est tout.
J’avais apporté des sachets de sauce à poutine, alors on a fait frire des patates, coupé du cheddar en cube et on s’est fait de la poutine. Voir le visage de Maïka, la fille de Eve, qui disait pouvoir en manger tout un immense bol, plus mon restant. Finalement j’ai tout mangé et pas elle. Faut croire qu’après un an, on se déshabitue des choses lourdes et grasses! Moi j’ai trop hâte aux papayes et aux bananes et aux mangues et et et et!
à tout bientôt!

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